Démarche
du management des risques d'un projet
La
démarche de management des risques d’un projet
s'appuie en général sur un processus continu
et itératif qui vise successivement, à
identifier et analyser les risques encourus, à les
évaluer et les hiérarchiser, à
envisager les moyens de les maîtriser, à les
suivre et les contrôler, et enfin à capitaliser
le savoir-faire et l’expérience acquis dans ce
domaine.
Ce processus se
décompose donc en cinq grandes étapes :
L'identification et la
caractérisation des risques
Le préalable à
toute démarche de gestion des risques consiste
à répertorier, de manière la plus
exhaustive possible, tous les événements
générateurs de risques pour le projet et
pouvant conduire à sa remise en cause ou au non
respect de ses objectifs. Pour entreprendre ce recensement
plusieurs techniques peuvent alors être
utilisées, puis combinées : l’analyse de la
documentation existante, l’interview d’experts, la
réalisation de réunions de brainstorming,
l’utilisation d’approches méthodologiques (comme
l’AMDEC, l’APR, les arbres de causes…), la consultation de
bases de données de risques rencontrés lors de
projets antérieurs ou encore l’utilisation de
check-lists ou de questionnaires préétablis et
couvrant les différents domaines du projet.
Une fois cette
identification réalisée, il convient ensuite
d’analyser, de manière plus ou moins
détaillée, leurs causes et leurs incidences
potentielles, et de les caractériser. Mais il s’agit
également d’examiner les interactions possibles et
les combinaisons éventuelles, afin de déceler
les risques qui peuvent en découler et
compléter ainsi la liste de risques
déjà identifiés.
Il en résulte alors
une liste de risques possibles qu’il convient ensuite de
classifier selon différentes typologies de causes
possibles (causes techniques, politiques,
organisationnelles…), de façon à
définir des actions de maîtrise adaptées
à chaque risque.
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L'évaluation et la
hiérarchisation des risques
La gestion des risques
s'appuie également sur une analyse quantitative pour
mieux appréhender et estimer leurs impacts sur les
coûts, les délais et/ou les
spécifications techniques du projet.
L'objectif de cette
quantification est alors double. Il s'agit, tout d'abord, de
bien distinguer parmi les risques préalablement
identifiés, ceux qui n'en sont pas ou qui sont non
fondés, et qu'il convient par conséquent de
rejeter de l'analyse, et ceux qui sont réels et
susceptibles d’affecter le déroulement du projet, qui
demandent alors une attention constante et qui doivent faire
l'objet d'un traitement et d'un suivi particuliers.
Cette seconde étape
consiste à évaluer, dans la mesure du
possible, la probabilité d’apparition de chaque
risque recensé et à estimer la gravité
de leurs conséquences directes et indirectes sur les
objectifs du projet.
Une fois les risques
évalués, il convient ensuite de les
hiérarchiser, c'est-à-dire fournir un ordre de
grandeur permettant de distinguer les risques acceptables
des risques non acceptables pour le projet. Le but de cette
hiérarchisation est d’apprécier l’impact de
chacun des risques détectés sur le projet et
de déterminer globalement le niveau d’exposition aux
risques du projet. Il en résulte alors une liste
ordonnée et valorisée de risques
associés au projet.
La finalité de cette
quantification est de pouvoir ainsi se focaliser sur les
risques prépondérants, de préparer les
parades les plus efficaces possibles et de définir
les actions à mener en priorité pour les
maîtriser.
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Le traitement des risques
Le management des risques
consiste également à les traiter,
c’est-à-dire définir et mettre en œuvre les
dispositions appropriées pour les ramener à un
niveau acceptable et les rendre ainsi plus supportables dans
le cadre du projet. Cela nécessite donc de
définir des réponses types et de mettre en
œuvre, risque par risque, un certain nombre d’actions visant
soit à supprimer ses causes, soit à
transférer ou partager sa responsabilité ou le
coût du dommage à un tiers, soit à
réduire sa criticité (en diminuant sa
probabilité d’apparition ou en limitant la
gravité de ses conséquences), soit à
accepter le risque tout en le surveillant.
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Le suivi et le contrôle des
risques
Au fur et à mesure
que le projet se déroule, le portefeuille des risques
potentiels doit être réajusté en
fonction des nouvelles informations recueillies. Certains
risques pouvant disparaître, d’autres apparaître
ou d’autres encore, considérés initialement
comme faibles, pouvant devenir rapidement inacceptables pour
l'entreprise dès lors qu'ils n'ont pu être
maîtrisés, le niveau d’exposition aux risques
du projet est amené à changer. C'est pourquoi
il est important de procéder périodiquement au
suivi et au contrôle des risques encourus.
L’objet de cette
quatrième étape est de mettre à jour la
liste initiale des risques identifiés, d’affiner les
données caractéristiques des risques
déjà connus, de réévaluer leur
criticité, de contrôler l’application des
actions de maîtrise, d’apprécier
l’efficacité des actions engagées, et de
surveiller le déclenchement des
événements redoutés et leurs
conséquences.
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La capitalisation et la documentation des
risques
Le management des risques
d’un projet nécessite enfin de capitaliser le
savoir-faire et les expériences acquises et
d’établir une documentation rigoureuse sur les
risques associés au projet. Cela doit permettre
d’enrichir la connaissance des risques potentiels et
dommageables, d’accroître la réactivité
à chaque niveau d’intervention, de faciliter la prise
de décision et d’améliorer l’efficacité
des actions de maîtrise.
Pour cela, il convient,
d’une part, de formaliser un certain nombre de documents
spécifiques (le Plan de Management des Risques du
projet, le Dossier de Management des Risques du projet…)
permettant d’assurer la traçabilité des
risques rencontrés, des actions engagées,
ainsi que les résultats obtenus. D’autre part, il
convient d’organiser et de planifier la collecte et le
stockage des informations utiles. Cette capitalisation et
cette documentation des risques doivent être
effectuées de manière périodique afin
de donner l’état global des risques encore encourus
et d’apprécier l’état d’avancement des actions
de maîtrise mises en œuvre.
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